Pierre Bachelet, l’ambassadeur du Nord, le chanteur des Corons est décédé le 15 février 2005, victime d’une longue maladie. C’est un coup de grisous pour ses fans.
Jeudi 17 février 2005
Pierre Bachelet débarque quelques jours avant les Alliés, le 25 mai 1944, à Paris. Sa famille tenait une blanchisserie (d’où son attirance pour les gueules noires, sans doute) à Calais avant de s’installer en région parisienne.
Diplômé de l’école du cinéma, il se tourne vers la publicité om il rencontre Patrice Leconte et Jean Jacques Annaud (célèbre auteur de la trilogie du Seigneur). Au fur et à mesure, Pierre Bachelet commence à écrire des musiques de publicité et de films. On lui doit notamment celle du film « Emmanuelle » (le terme de « bande originale » n’est ici pas galvaudé), qui fait un carton : 4 millions de BO vendues. Presqu’autant de capotes…Ah ! La chaleur des gens du nord !
En 1974, il se lance véritablement dans la chanson avec « l’Atlantique ». Pour le futur ambassadeur du Nord, cela pourrait s’apparenter à une trahison. Retour ensuite aux musiques de films avec « Coup de tête » de Jean Jacques Annaud (1978) et surtout « Les bronzés font du ski » (1979) de Patrice Leconte. Là encore, pour un ambassadeur du Nord, c’est limite : les plages du Nord ne sont pas réputés pour leur capacité à faire bronzer ; quant au ski ; ils pratique sur les terrils, alors… En revanche, il ne réalise aucune musique pour accompagner les cyclistes de Paris-Roubaix, l’enfer du Nord. Lamentable !
Heureusement, ses chansons trouvent leur public. En 1980, il sort un album « Elle est d’ailleurs » qui rencontre un succès mérité : 1, 4 M d’exemplaires vendus pour cette chanson co-écrite avec Jean-Pierre Lang (on est loin de la technoparade de Jack Lang…). C’est également à ce duo que l’on doit « les Corons », hymne aux mineurs de fond (à ne pas confondre avec Jean-Luc Lahaye qui semble préférer le fond des mineures…). Le succès est immense ; seul bémol : les mineurs n’achètent pas le disque, cela leur rappelle trop le boulot.
La même année (1982), Bachelet fait la première partie du spectacle de Patrick Sébastien à l’Olympia. Il ne chante pas « le petit bonhomme en mousse », même si, éternel voyageur, il est propriétaire d’un bateau.
Les albums s’enchaînent alors, les tournées suivent (autant éviter de rester dans le nord trop longtemps, à la longue, c’est déprimant).
En 1985, notamment, il sort « Quand l’enfant viendra ». Apparemment, il ‘est pas encore ai courant qu’il a un fils, Quentin, né en 1977…
Décidément attiré par la mer, il enregistre un duo avec la navigatrice Florence Arthaud intitulé « Flo » en 1989. il parait qu’il souhaitait renouveler l’expérience avec Ellen Mac Arthur mais le titre « Ellen, je m’appelle Ellen » était déjà pris par une bidasse de 1ère compagnie qui tenait le Rolles.
Les albums se succèdent toujours immanquablement suivis de tournées dans les pays francophones, allant même jusqu’à Montréal. Les puissants chanteurs québecquois devaient bien rire en l’entendant chanter…
En 1995, Pierre Bachelet fait appel à Yann Quéffelec, prix Goncourt 1985, pour un album dont le thème est la ville.
En 1998, nouvel album sur des textes de Lang et Quéffelec. Parmi les titres, « le voilier noir » rend hommage à Eric Tabarly.
Puis il signe la BO des « enfants du marais » (quand on y pense, comment être l’enfant d’un couple du marais ?!)
Pour célébrer le 25ème anniversaire de la mort de Brel, il sort un disque hommage « Bachelet chante Brel, tu ne nous quittes pas ».
En 2004, il fête ses 30 ans de carrière au Casino de Paris.
Le 15 février 2005, Pierre Bachelet décède des suites d’une longue maladie (qui n’est pas un cancer du coron) à 60 ans.
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