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Un procès à grande écoute


Le procès des écoutes téléphoniques de l’Elysée a débuté hier et devrait durer jusqu’à la mi-février. Après avoir tendu l’oreille, leurs auteurs vont pouvoir tendre la joue…

Mardi 16 novembre 2004 C’est le grand procès de l’hiver, l’une des affaires les plus sombres de l’ère Mitterrand (et pourtant, il y en a eu, des affaires !!!) : le procès des écoutes téléphoniques de l’Elysée a commencé hier et devrait durer trois mois. Autant dire que les médias vont nous en rebattre les oreilles. Douze prévenus (ils étaient forcément prévenus puisqu’ils écoutaient tout) comparaissent devant le Tribunal correctionnel de Paris. En fait, tout remonte aux années 1983 à 1986 où un « cabinet noir » (c’est logique : j’ai remarqué qu’on entendait toujours mieux les conversations lorsqu’on était aux toilettes) écoutait illégalement de nombreuses personnes : hommes politiques, journalistes, écrivains, éditeurs, avocats, etc. Il voulait sans doute savoir l’actualité de Carole Bouquet avant Ici Paris ou connaître les arnaques déliées par Jacques Vergès dans Sans aucun doute. Il paraît que Mitterrand aurait aussi cherché à espionner le mime Marceau mais celui-ci n’est pas très prolixe. Déformation professionnelle, semble-t-il.

Vous me direz : les Américains font eux aussi des écoutes, et à l’échelle mondiale qui plus est ! On ne les embête pas pour autant (c’est même par ce biais qu’ils auraient su que l’Irak cachait des armes de destruction massive ; c’est pour dire !). On fait sans doute toujours ça aussi en France. Mais l’essentiel est que cela ne se sache pas.
D’ailleurs, il n’y a pas que Mitterrand à avoir eu des problèmes d’écoute : Chirac aussi.

Procès des écoutes téléphoniques de l'Elysée sous Mitterrand

Mais lui, il est plutôt dur d’oreille (et parfois, il fait même la sourde oreille ; surtout lorsque Sarkozy lui parle !). C’est pour cela qu’il a un appareil auditif ! Du reste, si l’on remonte un peu plus loin dans l’Histoire, le général de Gaulle en avait également. Souvenez-vous de sa petite phrase « Je vous ai compris ! ». Il voulait simplement dire au peuple algérien qu’il avait entendu ses revendications, rien de plus !
Mais revenons au procès. Les prévenus, parmi lesquels Michel Delebarre (qui sera donc appelé « à la barre »), Louis Schweitzer (actuel PDG de Renault et ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius qui aurait dû penser aux limitateurs d’écoute au lieu de penser aux limitateurs de vitesse), Christian Prouteau et Paul Barril (baril de poudre, en l’occurrence, vu le retentissement de l’affaire), les deux anciens dirigeants de la « cellule antiterroriste » incriminée, vont sans doute se faire tirer les oreilles et certaines autres vont siffler. Car si dans certains cas il est bon d’avoir le sens de l’écoute, c’est ce qui est reproché à tous ces acteurs dans la situation présente.
Ce qu’on ignore, en revanche, c’est ce qui a mis la puce à l’oreille des juges. Quel était le loup dans cette histoire ? Oui, car dans les affaires d’écoute, il y a toujours un loup. Souvenez-vous de l’histoire du « Petit chaperon rouge » lorsque ce dernier entre dans la maison de sa grand-mère et s’exclame : « Que vous avez de grandes oreilles ! », le loup lui répond : « C’est pour mieux t’écouter, mon enfant »… Et le loup, lui, n’a pas eu de procès. Pourtant, les murs ne sont pas les seuls à avoir des oreilles.


 
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