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Voir le bout du tunnel


Alors que la reine d’Angleterre se promenait en France, un putsch avait lieu à la tête du groupe franco-britannique, Eurotunnel. Oh my God !

Vendredi 9 avril 2004 En novembre 1987, l’action Eurotunnel valait 35 francs (5,34 euro). Début avril 2004, elle valait dix fois moins : 0,56 euro. Bref, ce qui devait représenter la réussite de l’épargne populaire à son lancement s’avère être un véritable désastre pour les petits porteurs. Ajoutez à cela une situation financière calamiteuse (Eurotunnel est au bord du dépôt de bilan depuis plusieurs années ; elle est presque réduite à faire la Manche). Du coup, la grogne montait parmi les actionnaires.
Finalement, le 8 avril, à l’issue d’une assemblée générale historique, les porteurs de parts se sont lassés des effets de manche de la direction (qui multipliait sans grand succès les plans de relance) et a sanctionné celle-ci, la soupçonnant de s’y prendre comme un manche.
Bref, Eurotunnel a beau être franco-britannique, il n’y a point d’entente cordiale qui compte !
Du coup, Philippe Bourguignon, l’ancien PDG du Club Med pressenti pour reprendre les rênes d’Eurotunnel si le putsch n’avait eu lieu, va pouvoir partir en vacances : il ne sera pas le nouveau président de la société franco-britannique. Ce sera Jacques Maillot qui occupera ce poste.
L’ancien PDG de Nouvelles Frontières (je vous rassure tout de suite : la frontière franco-britannique ne sera pas modifiée), qui prend le train en marche, aura donc la lourde tache de faire repartir la société sur de bons rails. Sans doute faudra-t-il réduire quelque peu le train de vie d’Eurotunnel. Bref, le nouveau président devra mouiller son maillot.
Tout ceci n’aurait pas été possible sans l’Adacte (Association de Défense des ACTionnaires d’Eurotunnel) et Nicolas Miguet, lequel doit être très fier de son coup médiatique. Ce qui est bien avec cet éditeur de presse, c’est qu’il sait rester humble. Pour preuve, l’extrait du courriel envoyé par son équipe aux petits porteurs, publié par le Parisien (daté du 7 avril 2004) : « Lors de l’arrivée de Nicolas Miguet, lui faire un triomphe, bien sûr (sic !), mais préférer les Merci Nicolas aux Miguet président ; il est aussi possible de crier Bravo, Nicolas, tu nous as rendu l’honneur (re-sic !) ». On n’était peut-être pas le 1er mai, mais c’était quand même la fête du Miguet…


 
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