Georges de Caunes, l’un des pionniers de la télévision, s’est éteint lundi 28 juin 2004 à 85 ans. Retour sur la vie d’un journaliste anticonformiste.
Samedi 3 juillet 2004
Georges de Caunes est né le 26 avril 1919 à Toulouse.
Après avoir été enfermé au fort du Hâ (Bordeaux) par les nazis (l’une des rares expériences qu’il n’avait pas recherchées), il se lance dans le journalisme à la radio. En 1948, il convainc Paul-Émile Victor de l’emmener avec lui dans ses expéditions polaires (l’homme n’ayant pas froid aux yeux) et les relate pour Paris-Match (le poids du sac à dos (40 kilos !), le choc des engelures).
A son retour, il rencontre Céline (l’écrivain, pas une de ses conquêtes féminines) alors en plein procès mais refuse de profiter de ce scoop.
Dans la foulée, il participe à la fondation du journal télévisé avec Pierre Sabbagh, Pierre Tchernia, etc.. Puis il enchaîne les expériences : grand reporter free lance en Amazonie, Europe 1, Radio Canada, France Inter, un film sur la Polynésie, Pif Gadget (non, là, je de caunes ; pardon, je plaisante).
Ensuite, il décide de tester la signification du mot “ solitude ” en s’isolant 3 mois sur une petite île des Marquises où il relate chaque jour ses impressions à la radio. Il aura donc inventé avant tout le monde le concept de la télé réalité en mixant l’île de la tentation et Koh Lanta.
Puis il revient à la télévision et présente à partir de 1963 le JT de l’ORTF où il se permet quelques provocations qui font sa réputation. C’est ainsi qu’en pleine période de “ surveillance ” peyrefittienne de l’information, il lâche : “ à la télévision comme en patinage artistique, il y a des figures imposées ”. Puis ose une transition après un reportage sur De Gaulle : “ Et maintenant, passons du Général au particulier ”.
Georges de Caunes raillera également Léon Zitrone en le surnommant “ Gros Léon ”.
En 1966, il quitte la télévision après avoir posé pour une campagne publicitaire (et dire qu’aujourd’hui, certains vont se faire de la publicité dans des émissions bouseuses pour passer à la télé…).
Qu’à cela ne tienne ! Le journaliste retourne à la radio. Un peu sur toutes les ondes, comme d’habitude : 2 ans à Radio Luxembourg (RTL), 2 ans à Radio Monte Carlo (RMC). Puis il revient à la télé, prenant la tête du service des sports de TF1 de 1975 à 1979. Il y commente notamment le Tournoi des V nations.
Puis il disparaît à nouveau de la télévision pour n’y revenir que deux semaines, en 1990 sur TF1, en s’isolant dans une cage du zoo de la Palmyre où “ il observe les humains avec les yeux des animaux ”. Sur TF1, la ferme des célébrités existait donc déjà en 1990.
Sa vie sentimentale aura été aussi tumultueuse que sa vie professionnelle puisqu’il se sera marié 3 fois, des amours desquels naîtront 5 enfants, le plus connu étant Antoine, qui a notamment fait les belles heures de Canal+.
Ce journaliste, écrivain, explorateur, comédien, chanteur aussi (un 45 tours : ‘Chien mon ami’, sans doute en hommage à Eder, le nom de ses chiens qui l’ont suivi partout), a longtemps refusé sa carte de presse. Bref, Georges de Caunes était un curieux professionnel et un professionnel curieux, impertinent et culotté. Un mec bien, en somme !
Une chose est sûre désormais : cet “ éternel partant ” (comme il était surnommé ; on se demande bien pourquoi !) a fait son dernier voyage. Il s’est éteint lundi 28 juin 2004, à 85 ans, d’une rupture d’anévrisme. |