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Le gouvernement de Villepin se met sur son 31


La fameuse impulsion nouvelle dont nous parlait Jacques Chirac est enfin révélée. En fait d’impulsion nouvelle, le président a décidé de faire du neuf avec du vieux. D’un point de vue écologique, cela s’appelle du recyclage. Mais ce sont les Français qui risquent d’être verts…

Samedi 4 juin 2005 Jacques Chirac a donc décidé que le renouveau serait incarné par le duo de choc Villepin - Sarkozy, c’est-à-dire ses ministres de l’Intérieur et de l’Extérieur d’il y a deux ans. Oui, en politique, si l’on veut croire au renouveau, il faut avoir la mémoire courte ou être atteint d’Alzheimer…
Mais voyons plus en détail la fine équipe gouvernementale concoctée par de Villepin. Je dis fine équipe car elle est resserrée : de 40, elle passe à 31 personnes.
Commençons par ceux qui ont conservé leur poste. Michèle Alliot-Marie reste à la défense, elle qui s’était pourtant montrée très offensive pour obtenir le poste de premier ministre. Mais bon, Chirac est déjà impopulaire ; si en plus, il avait nommé une femme au plus haut poste, il aurait couru au lynchage ! Pourtant, ça, ç’aurait été une impulsion nouvelle !!!

Jean-Louis Borloo a lui aussi sauvé sa place à l’Emploi, à la Cohésion sociale et au Logement. Autant dire que c’est sur lui que reposent tous les espoirs élyséens puisque c’est sur l’emploi que le Président a mis l’accent.

Thierry Breton reste à l’Economie et aux Finances (ou ce qu’il en reste), Donnedieu de Vabres à la Culture (quand on voit le nombre de fautes commises à la dernière dictée de Pivot, on se demande bien pourquoi il n’a pas été viré pour faute professionnelle !) et Lamour à la Jeunesse et aux Sports, avec pour principal objectif Paris 2012.

Ensuite, Philippe Douste-Blazy quitte les hôpitaux pour les Affaires étrangères (il faut dire que l’Europe est bien malade) et sera assisté dans sa tâche par Catherine Colonna (qu’on aurait mieux vu régler les problèmes corses…).
Gilles de Robien, ex-ministre des Transports passe à l’Education. C’est à croire que l’UMP en veut à cet exilé de l’UDF. Voyons le bon côté des choses : au moins, il a l’expérience des grévistes…
Dominique Perben est puni et se retrouve aux Transports tandis que Dominique Bussereau part à la pêche.
Xavier Bertrand, lui, prend du galon. Après s’être attelé à la tâche de l’Assurance maladie et des retraites, il prend le ministère de la Santé dans sa globalité. Bref, l’indicateur Bertrand est à la hausse.
Enfin, Brigitte Girardin qui avait si bien géré la situation en Polynésie se voit offrir le poste de la Coopération, du Développement et de la Francophonie. Personnellement, je l’aurais plutôt vue à la Cacophonie qu’à la Francophonie…

Dans la catégorie des retours, celui de Nicolas Sarkozy ne faisait guère de doute, dans la mesure où son « ami » Chirac l’avait annoncé en début de semaine. Toutefois, les conditions posées à cette réapparition étaient importantes (seul ministre d’Etat, ce qui le positionne numéro 2 du gouvernement ; présence de ses « porte-flingue » Hortefeux et Estrosi près de lui). Apparemment, la popularité de Sarkozy a suffi à faire plier Chirac, bien à la peine dans les sondages, lui.
Quant à Pascal Clément, il prend poste au ministère de la justice, auréolé d’une popularité très faible auprès des juristes puisqu’il soutient la loi Perben II. D’un autre côté, être une balance (ben oui : il était… rapporteur de la commission des lois) lorsqu’on travaille à la justice, c’est faire le métier. Malheureusement, si la justice est souvent jugée trop clémente, gageons qu’elle ne sera pas trop Clément…

Pour finir, n’oublions pas les ministres qui quittent le gouvernement. Jean-Pierre Raffarin prend des vacances avant d’aller en maison de retraite (il retrouvera en effet son poste de sénateur de la Vienne à la rentrée). Michel Barnier et Patrick Devedjian sont déçus mais ne polémiquent pas trop (ils restent politiquement corrects, du moins, dans leurs piques envers l’Elysée).
Quant à François Fillon, il est beaucoup plus amer puisqu’il dit que tout ce qu’on retiendra des douze années de Chirac à la tête de l’Etat, ce sont les réformes qu’il a menées, lui. Ce qui est absolument faux : de Chirac, on retiendra aussi toutes ses bêtises ! Car n’oublions pas qu’avec des auteurs comme Bush et Chirac, l’encyclopédie des meilleures blagues fait déjà huit volumes !

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