Retour sur un conflit un peu complexe. La preuve : j’ai dû m’y reprendre à trois fois pour rédiger cet article !
Mercredi 7 mars 2004
Quand il y a un conflit en Haïti, l’avantage, c’est qu’on est bien informé. Il est en effet de notoriété publique qu’Haïti téléphone maison…
Mais ce n’est pas pour autant que cela rend le compte rendu plus simple. Lisez plutôt.
Jean-Bertrand Aristide était un président controversé. Il est désormais un président renversé. Comme quoi, la vie tient à peu de choses…
Il faut savoir tout de même que cet homme avait commencé sa carrière comme prêtre des pauvres (même s’il ne semble pas avoir la même passion du Christ que Mel Gibson…) avant de devenir président, débarqué puis remis sur le trône par les Américains (feront-ils de même pour Saddam Hussein ?).
Mais au fil des ans, Aristide avait troqué la prêtrise pour la traîtrise et commençait à se comporter en dictateur, faisant donner sa milice, les Chimères, pour museler le pays. Bref, il était devenu un président plus haï qu’haïtien. L’homme qui déplaçait les foules au temps de sa splendeur n’a pas vu venir le K.O. social (et en Haïti, ce ne sont pas de simples manifestations de chômeurs et de chercheurs…) et la seule foule qu’il parvint à déplacer ces dernières semaines, ce fut une foule d’insurgés menée par Guy Philippe (un ancien commissaire d’Aristide), ce Guy marchant (non, pas l’acteur…) sur Port-au-Prince avec un seul but : éjecter Aristide du pouvoir.
A ce moment-là, le harangueur de foules comprit que ça commençait à sentir le poisson et accepta un armistide sous l’égide des Etats-Unis. Mais le chef des insurgés rejeta cette solution. Si bien que finalement, à Port-au-Prince, ce fut l’export au président, Aristide étant contraint d’abdiquer.
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