En pleine préparation de la loi sur la laïcité, Francis Joyon pulvérise le record du tour du monde à la voile. Est-ce bien raisonnable ?
Ne l’appelez plus Francis Joyon mais Francis Joyeux. Le personnage, pourtant plutôt grincheux, avait laissé les sept nains au port pour se lancer à l’abordage du tour du monde en solitaire, sans escale, sans assistance, sans routage météo… et presque sans le sou car son budget n’était pas très élevé.
Cela ne l’a pas empêché de signer un temps canon : 72 jours, 22 heures, 54 minutes et 22 secondes (soyons précis, au cas où, au bout de 73 jours de mer, un autre marin réaliserait le même temps…).
Jules Verne doit se retourner dans sa tombe, lui qui, petit bras, parlait d’un tour du monde en 80 jours ! Il était bien meilleur écrivain que medium !!!
Remarquez, le temps réalisé par le natif de Hanches (et donc forcément habitué aux tours) est exceptionnel. Songez qu’avec le même bateau, il n’a mis qu’un peu plus d’une journée de plus qu’Olivier de Kersauson qui, lui, avait tout un équipage à ses côtés en 1997.
Mais il a surtout battu de plus de vingt jours le record de Michel Desjoyaux qui datait de 2001. Petite différence toutefois : Joyon évoluait sur un multicoque alors que le second de la dernière route du Rhum voguait sur un monocoque. Quelle est la différence, me direz-vous ? Dans une compétition à risques, où l’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, la navigation sur un multicoque favorise énormément les… mouillettes !
Plus sérieusement, Francis Joyon a, en plus de son talent, bénéficié de conditions climatiques assez favorables, étant porté par Eole (une telle manœuvre est autorisée par le règlement, rassurez-vous).
Le seul problème, finalement, c’est que Luc Ferry a invalidé ce record, prétextant que le port des voiles était interdit. Heureusement que Francis Joyon avait rasé sa barbe pour son retour à Brest, le gouvernement l’aurait pris pour un extrémiste !!!
Ce n’est pas grave. Joyon a sûrement fêté son exploit avec ses proches, chez lui (chez Francis, donc). En espérant qu’il ne prenne pas l’envie à Sarkozy de faire brûler la paillote…
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