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Juppé reviendra en deuxième semaine


Le procès des emplois fictifs du RPR et l’hypermédiatisation de Juppé dans cette histoire ressemble un peu à un jeu : « Questions pour un politique marron ». Juppé, champion sortant, l’a confirmé au JT de 20 heures : il reste !

Vendredi 6 février 2004 Depuis quelques jours, on ne parle plus que de lui. Alain Juppé était poursuivi dans le cadre de l’affaire des emplois fictifs du RPR. Vendredi, il a été rattrapé par la justice. Le tribunal correctionnel de Nanterre n’enterrant rien, il a condamné en première instance le chef de l’UMP à 18 mois de prison avec sursis et 10 ans d’inéligibilité.

Ses partisans trouvent la peine lourde, ses détracteurs l’estiment juste. Qu’importe ! La justice est souveraine. Le peuple aussi, d’après la présidente Catherine Pearce (non, elle n’est pas la sœur de Mary, la tenniswoman française quand elle gagne, américaine quand elle perd… donc définitivement américaine) puisqu’elle accuse Alain Juppé : « vous avez trompé la confiance du peuple souverain ». Inutile de dire que si tous les hommes politiques qui mentent aux Français étaient frappés d’inéligibilité, nous n’organiserions pas les Régionales avant 2014…

Reste que Mme Pearce, adepte du jeu de fond de cour, est montée au filet et a remporté la première manche. C’est d’ailleurs peut-être elle que Forget aurait dû engager en Coupe Davis suite au forfait de Sébastien Grosjean. Quoique ! Jean-Pierre Raffarin n’est pas tout à fait d’accord. En effet, il verrait plutôt Juppé dans le rôle : « le service de la France et des Français a besoin d’Alain Juppé », a-t-il affirmé. C’est vrai qu’apparemment, compte tenu de sa mise en cause dans l’affaire des emplois fictifs du RPR, le maire de Bordeaux est sûrement un adepte du… service volé !!!

Evidemment, Alain Juppé a immédiatement interjeté appel de sa sanction. Pourtant, il avait menacé de quitter la politique s’il était condamné. Apparemment, il a changé d’avis en cours de route, mais sans subir aucune pression. Personne n’est dupe, pourtant… Car s’il voulait d’abord annoncer sa mort politique, il a bien dû subir des pressions pour refuser finalement sa mise en bière (boisson préférée de notre Président, soit dit en passant…). Tout cela manque de Panache (non, avec Kronenbourg, ça ne marche pas).

De toute façon, il fallait bien s’y attendre : les hommes politiques n’ont aucune parole. C’est pour cela que leur temps est limité en période électorale. Et puis, comme je le dis toujours, un homme politique, c’est quelqu’un qui dit blanc, qui fait noir, et qui vote rose ou bleu.
Les réactions du petit monde de la politique française n’ont pas tardé, après l’énoncé de la sentence. Ainsi, Jacques Peyrat (maire de Nice) affirme que « l’intégrité et l’honnêteté d’ Alain Juppé ne sont pas en cause ». Ben voyons ! On lui donnerait le bon Dieu sans confession (notez que cela vaudrait mieux pour l’actuel Président de la République !!!). Et Bernadette Chirac d’y aller elle aussi de son petit couplet : « Alain Juppé est un homme honnête. La France a besoin d’hommes comme lui ». Deux réactions me viennent d’un coup à l’esprit. Premièrement, elle ne voudrait quand même pas béatifier Juppé ?! On va finir par croire que c’est devenu une manie de l’UMP (souvenez-vous Tibéri et sa Xavière) ; deuxièmement, « la France a besoin d’hommes comme lui »… disons plutôt que Chirac a besoin d’un homme comme lui !!! Or, Chirac, ce n’est pas la France : c’est son représentant.
Quand on pense que pour le Président de la République, Juppé est « le meilleur d’entre nous », cela fait peur : imaginez un peu le pire d’entre eux !!!
Cela montre aussi que la maxime qui veut que ce soit toujours les meilleurs qui partent les premiers n’est pas toujours juste (pour l’instant du moins).
A son passage au JT de 20 heures, Alain Juppé s’est même montré comme étant une victime du système judiciaire qui condamne les honnêtes gens… et les moins honnêtes aussi. Le plus surprenant, c’est que sa cote de sympathie aurait augmenté auprès des Français. Du coup, Raffarin songerait à s’inspirer de ce stratagème pour remonter la sienne. Bon, il est vrai aussi que, de toute façon, la cote d’Alain Juppé ne pouvait plus beaucoup baisser…
Cependant, il est amusant de noter les similitudes avec les fluctuations de la Bourse. Car c’est quand on annonce des licenciements que le cours des sociétés cotées augmente…
C’est la preuve une nouvelle fois que pour être populaire en politique, il faut avoir des casseroles au cul. En effet, les exemples sont nombreux… A croire que les peines de travaux d’intérêt général que l’on colle aux politiciens, c’est de diriger une commune, une région, voire l’Etat !

Je terminerai cet article en parlant bien évidemment de « l’affaire dans l’affaire » : des gens mal intentionnés auraient fouillé dans les bureaux des juges, auraient placés leurs téléphones sur écoute, etc. pour connaître avant l’heure l’issue du jugement. Une chose est sûre : ce n’est pas France 2, puisque mardi soir, David Pujadas annonçait… qu’ Alain Juppé se retirait, avant de rectifier le lendemain. Ben oui, il reste Juppé… mais peut-être plus pour très longtemps !

 
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