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Le Mont Blanc rapetisse !


Le plus haut sommet d’Europe, le Mont Blanc, a perdu 50 centimètres. Il ne mesure plus que 4807,5 mètres. C’est ce que vient d’annoncer le CNRS. Mais personne n’est encore allé vérifier là haut…

Mercredi 4 août 2004 En cette période de fortes chaleurs (mais pas de canicule, hein, non !), il faut visiter nos vieux. Si certains profitent de leurs vacances pour visiter les vieilles pierres, d’autres ont publié les dernières mesures du doyen français : le Mont Blanc. Il s’agit du laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement (en clair, le LGGE) du CNRS. Heureusement que quelqu’un y a pensé, à ce vieux-là. Raffarin aurait été capable de nous supprimer le jeudi de l’Ascension s’il était arrivé quelque chose à la montagne !
Plus sérieusement, le toit de l’Europe change de mensurations régulièrement. En 1894, son altitude était fixée à 4807 mètres, comme chacun le sait ou l’a appris. En 1986, il était passé à 4808 mètres avant de faire encore un peu de croissance et d’être « toisé » à 4810 mètres en 2001. Depuis, comme Raffarin, il ne cesse de descendre (apparemment, il n’y a que le prix des crèmes qui augmente toujours) : 4808 mètres en 2003 (on aurait mieux fait de ne pas le mesurer en 2001 !) puis 4807,50 mètres cette année. Hé oui ! Ce n’est plus le Mont Blanc mais les montagnes russes !
Ce qu’il est intéressant de constater, c’est que finalement, à 50 centimètres près, la taille du plus haut sommet d’Europe n’a pas varié alors qu’en 1894, on n’avait pas les mêmes outils technologiques qu’aujourd’hui. Cela prouve qu’il n’y a pas tant de différences entre le nivellement trigonométrique et le GPS !
Le sommet a donc perdu 50 centimètres.

Bon, je vous l’accorde : il n’y a pas de quoi en faire une montagne mais imaginez un peu les répercussions que cela va entraîner. Les manuels scolaires vont devoir être modifiés ; et pis ! si vous participez au jeu « Qui veut gagner des millions ? », vous avez intérêt à apprendre par cœur ce chiffre. Sinon, ce pourrait être votre dernier mot, Jean-Pierre (Foucault, pas Raffarin).

D’ailleurs, pour compléter votre culture alpestre qui n’a d’égal que votre savoir (élémentaire, mon cher Watson !), je tiens à préciser que si l’on ne tient pas compte de la neige qui surplombe le sommet rocheux, le Mont Blanc ne mesure plus que 4780 mètres. Dans ce cas, c’est un pic rocheux situé 40 mètres plus à l’ouest qui serait le toit de l’Europe puisqu’il mesure 4792 mètres. Malheureusement, il ne passera pas à la postérité car il n’est recouvert que de quatorze mètres de glaces. En tout, il ne culmine donc qu’à… 4806 mètres. Dommage ! En fait, s’il ne s’en est fallu que d’un cheveu, c’est à cause de la calotte glacière. Bref, pour 15 millimètres, c’est toujours le Mont Blanc qui dirige, enfin, qui porte la calotte…
Mais pourquoi le Mont Blanc varie-t-il si régulièrement ? La raison est simple et claire comme de l’eau de roche : tout dépend de la pluie, transformée en neige à cette altitude, et du vent qui va orienter la neige sur tel ou tel sommet. Car à de telles hauteurs, le réchauffement climatique ne joue pas (la montagne n’a d’ailleurs perdu que quelques millimètres lors de la canicule de l’été dernier ; c’est peut-être là haut qu’on devrait envoyer les personnes âgées pour leur éviter les trop fortes températures…). On ne parle donc pas d’effet de serre… ou alors de Serre-Chevalier, tout au plus.


 
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