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Hommage à Claude Nougaro


Avec la mort de Claude Nougaro, c’est tout un pan de la culture musicale française qui se « barre en saucisse »… de Toulouse, évidemment.

Jeudi 11 mars 2004 Claude Nougaro, surnommé affectueusement « le petit taureau » (du nom d’une de ses chansons phares) est né le 9 septembre 1929 (il n’est donc pas taureau mais vierge, selon l’horoscope) à Toulouse, près du boulevard d’Arcole. Ceux qui connaissent la ville visualiseront ; les autres n’auront qu’à imaginer…
Son père est baryton, sa mère est professeur et pianiste. Bref, pour le petit Claude, c’est la Star Academy à domicile !
Sa scolarité s’en ressent : cancre, Claude Nougaro mène une vie de musicien dès son plus jeune âge : il fait la tournée des collèges, tantôt renvoyé (et ce n’était pas une affaire de voile), tantôt fugueur. Bien évidemment, dans ces conditions, il échoue au baccalauréat.
Pourtant doué pour l’écriture, il signe quelques piges dans le « journal des curistes » à Vichy ou « l’écho d’Alger » en Algérie (c’est bien, vous suivez). Une fois son service militaire en poche, à Rabat (mais sans élastique), il rejoint en 1950 ses parents à Paris et rédige des poèmes. En 1952, il rencontre Jacques Audiberti, un grand poète qui devient également un grand ami, Brassens, Mouloudji, etc.
Il écrit des chansons pour Odette Laure, Marcel Amont et Philippe Clay (si vous ne les connaissez pas, demandez à vos parents et grands-parents, ils s’en souviendront peut-être, eux). Croyant écrire pour Cassius Clay (alias Mohamed Ali), il réalisera « Quatre boules de cuir ». Non, je plaisante : c’était Marcel Cerdan…

Ce n’est qu’à partir de 1955 qu’il se met à chanter lui-même, débutant au Lapin Agile à paris où in rencontre sa première femme, Sylvie, avec qui il joue affectivement au Lapin Agile : en 1962, sa fille Cécile vient au monde. La chanson du même nom tiendra lieu de faire-part. Un accident de voiture le fait descendre de son nuage, et c’est sur des béquilles qu’il fait son premier Olympia en 1963.

L’année suivante, il découvre le Brésil. C’est le début d’une nouvelle histoire d’amour, encore plus fertile que la première, puisqu’il réalisera quelques succès (« Bidonville », « Brésilien », « Tu verras »). Seul bémol, ce sont des reprises.
En 1965, il écrit « A bout de souffle » (encore un reprise) et rencontre Maurice Vander. Les deux hommes ne se quitteront plus.
Les tubes s’enchaîneront : « Chanson pour le maçon » (en hommage à Auberditi), « Toulouse », « Sing Sing Song », « Quatre boules de cuir » ; et il chante dans la plupart des grandes salles (Olympia, Bobino, Palais des Sports, Stade de France…). Mais non, vous ne suivez plus, là : Le Stade de France n’existait pas à l’époque !
Il reçoit aussi de nombreuses récompenses.
En 1984, il rencontre sa troisième femme (qu’il épousera en 1994), Hélène, pour qui il écrira « Hélène, je m’appelle Hélène ». Ah non, pardon, ce n’est pas de lui, ça…
En 1986, sa maison de disques, Barclay, ne renouvelle pas son contrat. Claude Nougaro, logiquement, le vit mal et décide de s’exiler aux Etats-Unis (comme quoi, la fuite des cerveaux ne touche pas que les chercheurs) où il enregistre le célèbre « Nougayork » dans lequel il évoque le fameux « jambon d’York » (s’agissait-il de la duchesse ?). Cet album sera disque d’or avant même sa sortie (par le jeu des pré-commandes, évidemment). Bref, le carton, d’autant plus qu’il touche un public jeune qu’il n’avait jusque-là pas conquis.
Sa carrière est définitivement relancée et il se hasarde même dans la peinture et le dessin avec un brin de talent.
Rattrapé par des ennuis de santé (opération du cœur en 1995), il revient ensuite avec de nouveaux albums et toujours des tournées.
En 2002, il écrit « les fables de ma fontaine », son dernier spectacle, « parlé » celui-ci.
Claude Nougaro, le « motsicien » comme il se définissait lui-même, s’est éteint le 4 mars 2004, chez lui, à Toulouse.
D’après son site internet, (www.nougaro.com), un nouvel album devrait sortir ce mois-ci.


 
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