Après de longs atermoiements, François Pinault a décidé d’abandonner l’idée de créer sa fondation d’art contemporain à Boulogne - Billancourt. Pour le coup, c’est de l’art comptant pour rien !
Jeudi 12 mai 2005
A la surprise générale, François Pinault a annoncé qu’il renonçait à implanter sa fondation d’art contemporain sur l’île Seguin, dans l’ancien bastion de Renault à Boulogne - Billancourt. Le projet, évalué à 150 millions d’euros, tombe donc à l’eau. La raison invoquée par l’homme d’affaires breton est la lourdeur administrative dont aurait fait preuve la mairie de Boulogne - Billancourt. Des lourdeurs administratives en France ?! Pas possible !!! Comme quoi, on a beau être sur les terres de Renault, le régulateur administratif de vitesse fonctionne parfaitement ! Il faut dire aussi qu’une mairie, ce n’est pas comme La Redoute, chère à notre homme : on ne reçoit pas le produit 48 heures après avoir passé commande ! Bon, certes, cela fait 5 ans qu’il attend l’autorisation de construire. On peut comprendre, dès lors, que ne pas pouvoir construire sur l’île Seguin l’a rendu chèvre.
En même temps, celles-ci peuvent éventuellement trouver une explication politique : Pinault est un proche de Chirac ; Fourcade, le maire incriminé, est un partisan de Giscard d’Estaing ; et le Conseil général des Hauts de Seine de Nicolas Sarkozy est aussi de la partie… De là à penser qu’ils ne peuvent pas se voir en peinture…
Du coup, Pinault, tête de lard contemporaine (oui, c’est un Breton) est parti bille en tête plutôt que Billancourt… et a préféré créer sa fondation à Venise. Cela coûte aussi moins cher puisqu’il a acquis le palais Grassi pour 30 millions d’euros à la famille Agnelli (propriétaire de Fiat). Et cette économie de 120 millions d’euros tombe plutôt bien, au regard de l’incertitude qui pèse dans l’affaire Executive Life dans laquelle l’homme d’affaires est cité.
Inutile de vous dire que dans la cité des doges, certains se gondolent. En région parisienne, en revanche, l’ambiance n’est pagaie… Mais il faut voir le bon côté des choses : à Venise, Pinault pourra présenter une collection de peintures à l’eau !
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