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Berlusconi : condamné, moi, jamais !


Silvio Berlusconi a été blanchi de toutes les affaires de corruption qui lui étaient reprochées et qui auraient ruiné sa carrière politique. C’eût été dommage… un homme aussi droit ! Enfin, surtout adroit…

Lundi 13 décembre 2004 Avant même le procès, Silvio Berlusconi était serein. A l’issue de celui-ci, il était complètement relaxé. Dans les deux acceptions du terme. Remarquez, il aurait tort de ne pas être souriant : il a fait encore mieux qu’Alain Juppé !
Rappelons les faits qui lui étaient reprochés. L’affaire remonte à 1986. La Fininvest (société appartenant au président du Conseil italien) avait obtenu de la justice le blocage de la vente de la société agroalimentaire SME au groupe Buitoni. Des soupçons de pots-de-vin étaient alors apparus. L’instruction avait même mis au jour un système de corruption au sein du tribunal de Rome. Ainsi, un chèque de 434.000 dollars aurait circulé entre les comptes de la Fininvest, le compte suisse de l’avocat de la société et le juge en charge des enquêtes préliminaires au tribunal de Rome.
Pour les pots-de-vin, Berlusconi a été relaxé. Pour la corruption, la prescription a joué. En effet, en obtenant des circonstances atténuantes, le délai de prescription a été réduit de moitié, ce qui lui a permis d’éviter les poursuites…
En gros, Berlusconi a obtenu la prescription de faits datant de 1991 alors que le délai de prescription était de 15 ans ! Il est quand même sacrément fort !!!
D’ailleurs, au vu de ces miracles, Jacques Chirac se serait d’ores et déjà renseigné sur les honoraires de ses avocats…
Evidemment, pour les opposants du président du Conseil, les faits ne devraient pas être prescrits mais, au contraire, proscrits !
Car Silvio Berlusconi a l’habitude des tribunaux. En 1997 et 1998, il avait déjà été condamné trois fois en première instance avant de bénéficier d’une prescription bien pratique…
Cette fois, c’est pire : Silvio Berlusconi va faire appel car il désire une absolution complète. Il ne recule devant rien ! Il a même déclaré : « je mérite une médaille dans ce procès ». Faut-il y voir insigne ? Il n’a pas précisé s’il s’agissait de la médaille du mérite (d’ailleurs, on se demande bien comment il pourrait l’obtenir) ou la médaille d’argent, puisqu’il semble s’y intéresser de très près. J’en veux pour preuve les autres procès qui l’attendent dans les prochains mois : faux en bilan (affaire dans laquelle il sera acquitté puisqu’il a fait passé une loi pour s’en protéger), évasion fiscale, fraude sur les droits cinématographiques… Silvio Berlusconi va devenu une star du barreau, à défaut d’aller derrière ceux-ci.
Enfin, on comprend mieux pourquoi Juppé parlait de la « tentation de Venise ». En fait, il devait vouloir parler de la tentation d’être jugé par un tribunal italien…

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