Un protocole de prévention des conflits à la SNCF a été signé par la majorité des syndicats. Ces derniers, qui faisaient grève avant de discuter avec la direction, devront désormais discuter avant de faire grève. Cela va les changer de leur train train quotidien.
Vendredi 29 octobre 2004
Si vous prenez le train en marche, ce n’est pas grave. Voici LA mesure qui va révolutionner le fonctionnement de la SNCF. Oui, vous avez bien lu. C’est LA mesure phare. Gilles de Robien, notre ministre des Transports, a annoncé l’accord sur la prévention de la grève comme étant “ historique ”. Rien que ça ! Depuis qu’il a pris la fermière Elodie Gossuin dans son équipe régionale, on savait qu’il ne reculait devant aucune audace. Mais là, il a fait encore plus fort. On pourrait même dire qu’il s’égare (SNCF, bien sûr). Car ce qui serait vraiment historique, ce serait de passer une année complète sans le moindre mouvement de grève ! ! !
Que prévoit donc ce si fameux protocole de prévention des conflits ? Les syndicats seront avertis plus tôt des projets de la SNCF (en gros, ils auront un train d’avance par rapport à ce qui se faisait jusqu’à aujourd’hui). Si un différend entre syndicats et direction naît d’un des projets (pourquoi dis-je “ si ” ? !), les deux parties devront ouvrir des concertations pendant dix jours (rien que ça, c’est un motif de grève pour Force Ouvrière ! ! !). Si aucun accord n’est trouvé, la grève pourra avoir lieu. “ Enfin ! ” diront certains. On passerait donc du mode “ grève TGV ” à “ grève en désespoir de cause ”.
D’habitude, la grève se transforme en parcours du combattant pour les usagers des transports en commun. Là, pour les syndicats aussi, la grève s’apparentera à un parcours du combattant. Mais eux, ça les dérangera toujours moins que les usagers.
D’ailleurs, ils ont déjà préparé le discours prévenant des prochaines grèves : “ Votre attention s’il vous plaît. En raison de discussions avec la Direction, le train X en direction de Y est supprimé. Merci de votre compréhension ”.
En fait, les concertations ont certainement du bon. Mais force est d’avouer que si aucune des parties n’a envie de céder sur un point, la grève sera inéluctable.
Si les syndicats sont aussi peu prolixes dans leurs négociations que dans leurs annonces de grèves, cette mesure de prévention ne va pas changer grand-chose. Ce n’est pas cette mesure qui fera repartir la SNCF sur les bons rails.
De plus, la CGT a d’ores et déjà annoncé que sa signature de cet accord rend impossible tout arrangement sur le service minimum. Ben voyons ! Je ne suis pas Gilles de Robien ni Bison Futé, mais je peux prévoir un conflit sur ce thème pour le printemps prochain…
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