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Vaudeville à l’Elysée


Dominique de Villepin a annoncé que Jean-Pierre Raffarin quitterait Matignon au soir du référendum. Le premier ministre l’aurait alors sérieusement engueulé. Problème : les deux agissaient sur commande de Jacques Chirac…

Samedi 24 avril 2005 Disputes, portes qui claquent, quiproquos, cette semaine fut le théâtre d’un vaudeville très distrayant commandité par l’Elysée.

Dimanche dernier, Dominique de Villepin expliquait sur Europe 1, globalement, quelque soit le vote du référendum le 29 mai, l’heure serait venue pour Jean-Pierre Raffarin de faire ses bagages. Cela a bien sûr révolté le premier ministre (imaginez un employé qui annonce haut et fort qu’il souhaite que son patron soit viré…) qui a eu une explication de texte assez virulente envers son ministre de l’Intérieur (décidément, après Sarkozy, de Villepin ; les ministres de l’Intérieur n’aiment pas Raffarin !).

La dispute aurait même été très violente, selon un proche du gouvernement. Moi, j’ai bien compté les points : cela fait Raffar 1 - 2 Villepin !
Dans la foulée, le premier ministre s’est expliqué sur RTL (comme quoi, il y avait aussi une bataille des radios). Il a affirmé à cette occasion que de Villepin avait dérapé et qu’il l’avait remis sur la bonne route, celle qui est droite mais dont la pente est raide…

Evidemment, cette dispute n’a pas déclenché d’incendie (on est à l’hôtel Matignon, pas à l’hôtel Paris-Opéra…) mais si le ministre de l’Intérieur a mis « deux vils pains » dans la tête de Raffarin (non, son nez de boxeur ne vient pas de là), le premier ministre, lui, a affirmé être « relax ». Bref, après la « positive attitude » piquée à Lorie, voilà maintenant qu’il est « zen » comme Zazie. Au moins, s’il est débarqué par Chirac, il pourra se lancer dans la chanson (c’est vrai que la politique s’apparente à un univers sale et que son disque est un peu rayé). En fait, le seul titre que ne pourra pas interpréter Raffarin est une chanson de Gérard Lenorman « Si j’étais président »…

Du coup, Raffarin est allé plaider le oui à l’Europe en Chine (il faudrait peut-être lui expliquer que la Chine ne fait pas encore partie de l’Union Européenne…). De cette façon, de Villepin ne lui colle plus aux basques. Il faut dire qu’en Chine, ils ne connaissent que les cols Mao…
Reste que cette histoire a permis de comprendre un peu mieux le mode de fonctionnement du gouvernement.

Ainsi, Chirac décide, les ministres exécutent… et Raffarin passe les commandes. Enfin… pas toutes, heureusement ! Car en fin de semaine, ce sont les Chinois qui ont passé commande d’Airbus, Raffarin obtenant la vente de plusieurs avions.
Eh oui ! Comme dit l’adage : nul n’est prophète en son pays.

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