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Entre raffarinades et viennoiseries


Jean-Pierre Raffarin a annoncé sa candidature au poste de sénateur de la Vienne. Et ensuite, à Vienne que pourra…

Samedi 21 août 2004 Jean-Pierre Raffarin, notre cher premier ministre, a annoncé vendredi à Montmorillon (Vienne) sa candidature aux prochaines élections sénatoriales du 26 septembre 2004 dans la Vienne, département du Poitou-Charentes, cela va sans dire.
Mais rassurez-vous (quoique je ne suis pas sûr que cela soit rassurant), cela n’aura “ pas de conséquence sur les responsabilités ” qu’il exerce à Matignon. Car s’il est élu (ce qui est plus que probable compte tenu du mode de scrutin), il laissera son suppléant, Claude Bertaud, siéger à sa place (c’est ce qu’on appelle les valses de Vienne).
C’est tout Raffarin, ça. Il se présente aux sénatoriales mais ne siègera pas… tout comme il est premier ministre mais pas vraiment chef du gouvernement. Qu’il se méfie ! Les juges vont finir par croire qu’il cumule les emplois fictifs ! ! !
En fait, cette candidature est une façon de protéger ses arrières. Se sachant sur un siège éjectable à Matignon, lui qui dirige l’Airbus gouvernemental, il se verrait bien discuter des textes de loi faisant la navette entre le Sénat et l’Assemblée Nationale, une fois sa mission terminée. Car on ne lui accorde pas une durée de vie beaucoup plus longue que celle de Jean-Paul II. Les bookmakers auraient même déjà engagé les paris pour savoir qui sera le plus tenace.
De toute façon, il n’est pas le seul à s’avancer lentement vers le train de sénateur. Cinq autres ministres feraient de même. A priori, Philippe Douste-Blazy ne serait pas concerné. Le ministre de la Santé préfèrerait la présidence de l’UMP, bien qu’il ne l’ait pas dit officiellement. C’est d’ailleurs à cela que l’on reconnaît les candidats à la présidence de l’UMP : ils ne sont pas officiellement candidats.
Mais revenons à Jean-Pierre Raffarin. Il retrouvera ses premières amours puisque le chef du gouvernement était sénateur de la Vienne de 1997 à 2002. Et déjà à l’époque, il avait choisi ce fauteuil pour amortir sa chute du ministère des PME du gouvernement Juppé.
Le plus amusant, c’est lorsqu’il dit que “ ça fait du bien qu’un Premier Ministre soit sur le terrain, à l’écoute du concitoyen ”. Premièrement, parce qu’il parle de lui à la troisième personne, tel un Alain Delon au meilleur de sa forme. Deuxièmement, parce qu’il s’envoie des fleurs alors qu’il n’est même pas encore mort (vous me direz, autant qu’il le fasse lui même car apparemment, la classe politique ne pleurera pas beaucoup son départ). Troisièmement, parce qu’il s’imagine qu’en postulant à un fauteuil qu’il n’occupera pas, il sera plus proche des Français ! ! ! Pourtant, il sera toujours à Matignon, pas à Poitiers ! Il faut dire qu’à Poitiers, Charles Martel avait arrêté les Arabes, pas les Sarkozy. Alors à quoi bon y siéger ? !
Et puis, de toute façon, comme le dit ‘J-P III’, “ mon objectif, c’est l’action et je ne veux pas être impliqué aujourd’hui dans des débats qui m’écarteraient de mon devoir d’action et notamment de réussir la rentrée ”. C’est marrant mais en posant sa candidature à la place de René Monory, j’ai plutôt l’impression qu’il prépare sa sortie !


 
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