Moins d’une semaine après Ronald Reagan, c’est au tour de Ray Charles de nous quitter. Apparemment, la canicule sévit aussi aux Etats-Unis.
Samedi 12 juin 2004
Ray Charles Robinson naît le 23 septembre 1930 à Albany (non, pas le pays mais la ville de Géorgie ; non, pas le pays de Géorgie mais l’Etat américain !).
Le début de sa vie est très sombre (et je ne dis pas cela parce qu’il est noir, bien sûr) : il perd son jeune frère à 5 ans, la vue à 7 ans et sa mère à 15 ans. Même les pires mélodrames que la télévision et le cinéma peuvent diffuser n’en font pas autant !
Il trouve son salut dans la musique, apprenant le piano et le saxophone seul grâce à la méthode Braille (ce doit être l’équivalent de la méthode Assimile). Je vous rappelle également que c’est par la méthode Braille que Lara Fabian a appris à chanter…
Orphelin, il part à Seattle où il forme un trio appelé ‘Maximtrio’ (ce nom pourrait être repris par quelques participants à ‘la ferme célébrité’ qui pourraient lancer ou relancer leur carrière musicale : Maxime, Eve Angeli et Massimo Gargia).
En 1951, il signe son premier tube (‘I got a woman’) et son premier contrat chez Atlantic. C’est également l’année où il introduit, en précurseur, le piano électronique sur un disque.
Les albums s’enchaînent à partir de 1956 avec une constante dans le titre : « Ray Charles » ou « The Genius » (cf. la discographie en fin d’article). Il a beau dire qu’il ne se prend pas pour un génie, il le répète assez souvent… D’aillleurs, ce surnom lui vient de son album de 1959, ‘The Genius of Ray Charles’, qui le consacre. S’il avait appelé ce disque ‘Les conneries de Ray Charles’, l’aurait-on surnommé « le con » ? Comme quoi, il faut toujours faire attention au titre que l’on donne à un album.
En 1959, il change également de maison de disque et se retrouve chez ABC (même s’il savait déjà écrire à l’époque) et les tubes se succèdent : « Georgia on my mind », « I can’t stop loving you », « Hit the road Jack », « Busted », « Unchain my heart », « Let’s go get stoned », etc.
Puis il suit en 1965 une cure de désintoxication car il avait pris la mauvaise habitude de se droguer depuis son arrivée à Seattle. Certains y voit l’explication à sa voix éraillée (des rails de coke ou d’héroïne, certainement). C’est peut-être de là aussi que lui vient cette manie de balancer sa tête de gauche à droite : des petits rigolos devaient lui avoir fait croire qu’il y avait une ligne de blanche sur son piano. Ce n’est évidemment que bien plus tard qu’il aurait compris que cette ligne de blanches était une rangée de touches…
Après être sorti de la drogue, le fisc le rattrape et il fait même de la prison. D’ailleurs, il paraîtrait que « Ma liberté de penser » de Florent Pagny soit une reprise de ce chanteur compositeur d’exception, maître de la « soul » (pourtant, il n’était pas alcoolique).
Dans toute sa brillante carrière, il aura reçu 13 Grammys (l’équivalent de nos Victoires de la musique mais en mieux), joué 10 000 concerts et été décoré de la plus haute distinction artistique par Bill Clinton (lui-même mélomane puisque spécialiste de l’orchestre de chambre, Monica Lewinsky y jouant de la flûte) et… de la Légion d’honneur par Jack Lang, qui avait dû voir en « Hit the road Jack » un hommage à son endroit ! Remarquez, c’est vrai que l’homme politique français est prompt à battre le pavé dès qu’il pense à 2007…
Ray Charles s’est éteint le 10 juin 2004 à 11h35 (18h35 GMT ; c’est important de le savoir, si jamais vous passez un jour à « Qui veut gagner des millions ? » ! ! !) à 73 ans, des suites (et surtout des fins) d’une maladie hépatique, chez lui, à Beverly Hills (pensez toujours à « Qui veut gagner des millions ? »). Son seul regret aura été de ne pas voir la mort en face.
Discographie :
1956 The Great Ray Charles 1956 The Genius Hits the Road 1956 The Genius After Hours 1957 Ray Charles 1958 Ray Charles at Newport 1958 Yes, Indeed ! ! 1958 Soul Brothers 1959 What'd I Say 1959 The Genius of Ray Charles 1960 Ray Charles in Person 1960 Genius Soul = Jazz 1960 Basin Street Blues 1960 Ray Charles Sextet 1961 Dedicated to You 1961 Ray Charles and Betty Carter 1961 The Genius Sings the Blues 1961 Do the Twist with Ray Charles ! 1961 Modern Sounds in Country & Western Music 1961 Soul Meeting 1962 The Original Ray Charles 1962 Modern Sounds in Country & Western Music 1963 Ingredients in a Recipe for Soul 1964 Sweet & Sour Tears 1964 Have a Smile with Me 1965 Live in Concert 1965 Country & Western Meets Rhythm & Blues 1965 Cincinnati Kid 1966 Crying Time 1966 Ray's Moods 1967 A Man & His Soul 1967 Ray Charles Invites You to Listen 1969 I'm All Yours-Baby ! 1969 Doing His Thing 1970 My Kind of Jazz 1970 Love Country Style 1971 Volcanic Action of My Soul 1972 A Message from the People 1972 Through the Eyes of Love 1972 Presents the Raelettes 1973 My Kind of Jazz, Number 2 1973 Genius in Concert L.A. 1974 Come Live with Me 1975 Renaissance 1975 My Kind of Jazz, Pt. 3 1975 World of Ray Charles, Vol. 2 1975 Live in Japan 1976 Porgy & Bess 1977 True to Life 1978 Love & Peace 1979 Ain't It So 1980 Brother Ray Is at It Again 1983 Wish You Were Here Tonight 1984 Do I Ever Cross Your Mind ? 1984 Friendship 1985 The Spirit of Christmas 1986 From the Pages of My Mind 1988 Just Between Us 1990 Would You Believe ? 1993 My World 1996 Strong Love Affair 1998 In Concert 2002 Thanks for Bringing Love Around Again Vanguard 2002 Live at the Montreux Jazz Festival
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