Lionel Jospin a fait une apparition très remarquée aux universités d’été du PS. Au menu : bal des militants (démilitant ?) et soupe à la grimace…
Dimanche 29 août
Les universités d’été du parti socialiste se tenaient ce week-end à La Rochelle. Les ténors du parti étaient présents (Hollande, DSK, Aubry, et Fabius, dont le retard d’une demi-heure, très snob, fut remarqué puisqu’il ne posa de ce fait pas pour la photo de famille) ; le retraité de la politique, Lionel Jospin, aussi.
L’événement résidait d’ailleurs en la présence du mouton blanc. En participant au “ bal des militants du PS ”, Lionel Jospin entre dans la danse et dérange probablement quelques desseins présidentiels. Car après mai 2002 et la valse de l’ancien premier ministre, plusieurs cadors rêvent de l’Elysée. Le retour du fils prodigue contrarie naturellement leurs plans. On pourrait même dire qu’ils ne savent plus sur quel pied danser…
En effet, tant que Lionel Jospin était en retraite, ils étaient tout à leur joie. Quand le chat n’est pas là, les souris dansent, a-t-on coutume de dire. Mais maintenant, même le chat danse ! ! ! Bon, bien sûr, Jospin est plus spécialiste du slow que du rock acrobatique. Mais il revient lentement, à son rythme, en politique. Il avait d’ailleurs déjà esquissé quelques pas de danse. Souvenez-vous : il a d’abord rédigé quelques articles dans les journaux, histoire de donner son point de vue quand personne ne lui demande (et surtout pas ses amis du PS) ; puis quelques participations aux meetings, pour soutenir des candidats un peu embarrassés. Et maintenant, le bal des militants. Vous allez voir que, bientôt, il mènera la danse comme à ses plus beaux jours.
Il faut dire aussi que les ténors du parti socialiste provoquaient un peu ce retour : La Rochelle, c’est à quelques pas de l’île de Ré. Il était donc tentant pour l’Ancien de franchir le pas et de venir en voisin.
Le temps pour chacun de jouer à l’hypocrite, une nécessité absolue en politique, d’annoncer une “ commission de compromis ” (sic) à propos du référendum sur la constitution européenne et hop ! le mauvais moment est passé : Lionel Jospin retraverse le pont jusqu’à sa prochaine ingérence dans le petit monde rose. Les dirigeants du PS respirent à nouveau.
Une “ commission de compromis ”… On aura tout vu ! On dirait qu’ils sont au gouvernement : une commission, ça sert à faire passer le temps, à faire semblant de réfléchir, pas à décider ! Remarquez, il y a tellement de divergences d’opinions sur la question de la constitution européenne que s’ils ne font rien (ou semblant de rien), cela va motiver le retour de Lionel Jospin. Alors…
Je vous le dis : ce n’était pas le bal des militants mais un bal débilitant ! On se croirait chez les Verts.
Justement, parlons-en des éco(il)logiques. Roger Lemerre, pardon, Gilles Lemerre (Eh oui ! On a plus souvent entendu parler de Roger que de Gilles…) jette l’éponge, dégoûté par les querelles internes, ce qui ne représente pas une surprise, loin s’en faut. Du coup, chaque gros poisson du parti fourbit ses armes pour accéder au pouvoir. Il n’y a pas moins de quatre courants (des courants d’air puisqu’ils ne font jamais rien ; d’ailleurs, ce sont eux que Philippe Douste-Blazy aurait dû employer pour son plan anti-canicule : ils brassent tellement d’air qu’ils sont plus efficaces que n’importe quel ventilateur !). C’est la même chose tous les ans mais on ne se lasse pas, apparemment, chez les Verts.
Remarquez, à l’UMP, ils sont un peu pareils pour la présidence du parti. Finalement, seule l’UDF est assez calme. Il faut dire aussi que François Bayrou est tout seul dans ce parti… Ceci explique peut-être cela.
Ah ! Les rentrées politiques ! Elles ressemblent toujours à des rentrées (de lutte) des classes…
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